La notion de connexion (entendue non seulement comme un processus de tissage, mais aussi comme une forme de relation sociale), associée à la mémoire et au rêve, constitue le noyau central de sa pratique. Tisser est un acte qui ne produit pas immédiatement une image, mais accumule des traces au fil du temps. Ce qui en émerge n’est jamais définitif : les œuvres demeurent ouvertes, vulnérables et exposées à la possibilité du changement.
Ses œuvres prennent souvent la forme de pratiques à la fois performatives et sculpturales. Par le geste du tissage, l’artiste construit de grands volumes organiques, denses et parfois ambigus, traversés de vides, de fissures et de plis. Ce sont des corps non figuratifs, mais profondément corporels : des masses qui évoquent un intérieur, un envers, quelque chose qui demeure habituellement caché. Des corps démontés, recousus, déformés, où la fragilité n’est pas une limite mais une condition structurelle.
Dans l’esprit d’Embellie, le projet comporte une dimension participative : les visiteurs sont invités à contribuer au tissage d’un avenir nouveau et désirable, en recourant à des méthodes traditionnelles. Ainsi, passé, présent et futur s’entrelacent, créant de nouvelles synergies.
Le travail de Benedetta Cocco s’inscrit dans un long processus de déplacements à travers différents lieux et contextes, de la Sardaigne, son île d’origine, aux grands centres urbains européens. Elle recueille des récits, des mémoires individuelles et des fragments culturels qui viennent se déposer dans la matière. La pratique textile devient alors un langage capable de relier dimensions individuelles et collectives, intériorité et espace social.
Ce que l’artiste recherche, c’est un système de relations : connexions, vies entrelacées, corps, personnes, lieux et temporalités. Un écosystème onirique et instable, fait de nœuds, de voiles et de filets, où subsiste un assemblage organique de l’intériorité la plus authentique.